En est-ce une aujourd'hui pour moi ? Je sens bien dans le fond de l'hiver, que les ornières moites me retiennent de prendre un envol lyrique. Il y a des périodes où les seules intumescences qu'on puisse provoquer sont celles de la vibration en "stand-bye" de notre potentiel vital.
Ne ressentez-vous pas les mêmes symptômes : combats perdus d'avance, l'impression d'une noyade intellectuelle, le tranchant critique émoussé... Il y a dans l'air une étrange sensation de trop et de pas assez, un complexe d'opinions incohérentes mais cohabitantes.
Le pire, c'est cette conviction particulière d'inutilité, ce grand point d'interrogation. Il s'étend sur tout l'horizon, se laisse rencontrer au détour de tout détail. Je le sens bien, il m'indique un chemin de sagesse simple, un abandon des oriflammes et superflus publicitaires de mon ego.
Mais plus que jamais, il nous est donné le choix de d'affronter ce qui en nous dit non. Le problème vient des moyens à mettre en oeuvre. A chacun sa morale, mais il est clair me semble-t-il que le saut est nécessaire : introduire une discontinuité dans notre rapport au sens, accepter pleinement qu'il n'est pas garanti.
Ce n'est ni l'infiniment grand ni l'infiniment petit qui peut orienter la pensée, mais le détail : une relation de la partie au tout, un noeud. Cette tension est à trouver partout où se cache ce que je veux oublier. Car ici refouler c'est réptéter ce qui a déjà été rompu, faute de temps et d'attention. C'est confondre l'ancien et le nouveau.
Je cherche désespérément à troquer ma petite politique contre une philosophie de la santé. S'avoir s'éprendre du pouvoir des idées et non en prendre le pouvoir. Celles-ci nous traversent, il n'est nul besoin de les domestiquer. Ingénuité de l'entendement, pudeur de la raison, ironie à manier avec précaution.
Même dans le silence tu peux résonner de mille passions, tu donnes l'élan, tu participes d'un mouvement qui du fond du vivant communique ses battements à tes attentes. Leurs vibrations se multiplient le long d'une tension qui en toi-même entretient ce rapport tragi-comique du temps se désirant.Tu veux orner le ciel de tes figures et décalages, de tes perspectives, de tes bruits de fonds. Mais aussitôt tu disparais en naissance dans ta pause, ce puissant enfantement, ce réjouissement divin.
Profonde tectonique des hauteurs ! Scandaleuse effervescence de vie. Tu connais les chemins de toi à moi, c'est évident, nous sommes les mêmes. Je te connais de l'intérieur comme de moi à mon âme. Je te reconnais comme rapport, mais aussi comme substance. Je me nourris de toi avec toutes mes distinctions. Tu m'alternes, tu me dédoubles, tu me multiplies, tu m'impliques : tu comprends tout l'espace, mais pourtant tu me convoques, tu me prends à parti.
Mortellement neutre, rire ou aversion. Tu accompagnes sagement défilés et mugissements, peuplades et regroupements, de tous vents, par tous temps. Tu me rejoins en mon indécision en ma douce ataraxie, partagée entre les choses et leurs images, les masses et les pondérations. On oublie vite ta présence, mais on sait t'arrêter en cas d'urgence, car certaines choses ne peuvent être faites que dans ton dos, bien que là encore tu sais être curieuse. Tu as tous les défauts et les avantages, tu es un Vous, mais je Vous dis tu, car de vous à moi, il n'y a pas de ça entre nous.
M.S
Qu'en est-il alors du fameux Hasard, celui qui aurait engendré la vie et même la conscience? Certes, nous pouvons voir le fait de la conscience comme un élément étrange au sein d'un Univers ou la grande majorité des choses sont matérielles ou alors du domaine des forces, et nous sommes alors vite enclin à penser que la vie et la conscience sont deux réalités que seul un précis ajustement de nécessité et de hasard "peut" "engendrer" ou engendre "nécessairement". Mais de quel hasard parlons-nous (la nécessité étant celle des lois de la physique)? Nous parlons de la probabilité que tel et tel composés chimiques crées dans les étoiles puissent s'assembler dans les eaux de notre terre primitive et créer les premières molécules spécialisées nécessaires à la vie. Nous parlons aussi des mutations génétiques justes assez nombreuses pour permettre l'évolution des espèces dans un environnement changeant etc... Mais cette probabilité, pouvons-nous vraiment l'exprimer ? N’oublions pas qu'une probabilité s'exprime en termes de rapports de cas possibles. Or quels sont les possibles dans nos exemples. Aurait-il pu en être autrement sur notre propre planète. Qui peut répondre à cette question ? Nous ne connaissons pas le nombre exact de paramètres qui déterminent l'apparition de telle molécule dans l'Univers. Peut-être se réduit-il à quelques paramètres dans le cas d'un univers infini (ce qui n'a pas de sens physique) ou à une infinité de paramètres dans un Univers fini. Nous n'en saurons rien tant que nous n'aurons pas découvert de vie extraterrestre. Il n'y a pas de science du singulier (de l'individu), mais uniquement du particulier, (un parmi plusieurs). Or pour l'instant, nous (les êtres vivants) sommes seuls... Par conséquent, se représenter la vie comme produit par nécessité et par Hasard n'a pas de sens sinon celui de rappeler que nous ne savons pas créer de la vie autrement qu'avec de la vie. Le Hasard ici c'est la vie elle-même avec toute son étrangeté, mais aucunement sa nécessité ou sa probabilité.
M.S
Voilà bien une semaine qu'aucun nouvel article n’est apparu dans mon blog. Ou est passée ma muse philosophique. Et bien je suis en train de la chercher au fin fond du cosmos, là où les pulsars et autres étoiles à neutrons, me rappellent de leur battement que le temps passe (14 milliards d'années), mais aussi me questionnent sur notre origine et sur l'extravagance de notre condition. Hubert Reeves m'a rappelé à l'ordre: souviens-toi que tes pieds foulent l'une des planètes gravitant autour d'une des centaines de milliards de milliards d'étoiles de notre univers (peut-être y en a-t-il un infinité), et qu'il est fort probable qu'à force de déployer ses possibles, le "hasard" se soit donné l'occasion de créer qulequepart un lieu ou la vie telle que nous la connaissons se développe en toute autonomie, sans notre assentiment. Qu'est-ce à dire ? Cela veut dire que le développement des techniques et de la science nous donnent aujourd'hui l'occasion de supposer que notre conscience de ces faits était déjà contenue en puissance dans la grande purée originelle de l'univers primitif. Le plus amusant est tout de même de se rendre compte que jusqu'à preuve du contraire, nous pouvons encore penser que nous sommes les seuls êtres conscients de notre univers. En effet, bien que ce dernier soit peut-être d'une étendue infinie, et que par conséquent il a le le loisir de tester une infinité de combinaisons de distances de températures, de mélanges gazeux, etc., il se peut que nous soyons comme PI au sein de l'infinité des nombres réels, c'est à dire la seule singularité vérifiant une certaine condition (pour Pi d'être le rapport entre l'aire et le carré du rayon d'un cercle). Toutefois, le mystère reste entier et l'étonnement infini. Il n'est pas nécessaire de chercher les miracles dans les livres saints ou les romans de science-fiction, levons les yeux, l'infini est tout de suite là, prêt à réduire en miette nos petites angoisses d'individus, nos velléités de guerre et notre peur de la mort.
M.S
Un lien en lien avec les questions abordées ci-dessus
Ecoutez ce que Hubert Reeves nous raconte
(nécessite Real Player)
M.S















