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Vendredi 5 novembre 2004
11 Septembre - Afganistan - France - Irak - Contitution Européenne - Bush - ArafatQuelle va être la suite ? Pourquoi se crispe-t-on autour de la religion ? Et surtout, qu'il y a-t-'il de vraiment nouveau aujourd'hui ? On dit qu'il y a toujours du nouveau dans de l'ancien, et toujours beaucoup d'ancien dans ce que l'on prend pour du nouveau... De quoi pourrait-il bien sagir? Un exemple, le boulevard St-germain, autrefois connu pour ces caves à Jazz, ces librairies est aujourd'hui un défilé de vitrines consacrées à la couture et à la mode... Faut-il pleurer, ou y chercher le signe de quelque chose, y'a-t-il du nouveau là-dedans ? Il est assez intéressant de constater que ce qui semble être lié à la culture aujourd'hui passe davantage par l'mage, le point de vue, l'habillage, ou le déshabillage. Un mannequin en plastique porte des vêtements magnifiques et trouble mes sens... Le fait que ce soit un mannequin m'importe peu, ce qui s'en dégage, son style, sa silhouette, tout cela est affectif, et exprime non pas seulement ce qu'on appelle la mode, mais aussi avec lui le temps lui-même qui décline les mouvements de mode. Ce n'est pas le temps comme condition du mouvement, ni le temps physique c'est le temps en tant que modification des apparences, autrement dit, le temps qui questionne nos préjugés, c'est le temps politique d'une certaine façon, mais aussi et surtout le temps de la liberté. Je me tiens aujourd'hui face au Monde, comme face à une vitrine de boutique, je veux faire des bonnes affaires, mais en même temps prendre garde à la qualité, je désapprouve ou approuve certaines apparences, certains styles, et je dois trouver dans cette rue un pantalon ou une paire de chaussures à ma taille et qui correspondent à mon style. Mais ça ce sont aléas. L'invariant c'est le le fait d'avoir à choisir, mais choisir sans préjugés. Qu'est ce que celà veut dire par rapport au Monde. Est-ce possible d'avoir le regard ou l'oreille qui ne dépende pas des apparences, une oreille absolue un regard qui traverse ? Impossible comme pour les vêtements de choisir sans préjugés, car les préjugés c'est l'ancien qui permet (au sens de conditionne) le nouveau, le choix, l'action, l'événement. Je ne peux voter sans préjugés, je vote parce que j'ai des préjugés, c'est pour cela que l'on me fait voter, c'est pour cela que beaucoup ne votent pas.Mais je dois choisir l'apparence que je préfère, alors que ce qui m'intéresse, c'est pas ça, c'est dans le cas du monde que les apparences soient équilibrées avec ma capacité de vouloir. Toutefois, pour réaliser le choix il faut, mettre en jeu les apparences, c'est à dire mettre en danger certains préjugés. Faire, choisir, tout cela nécessite que je préjuge de quelque chose, sinon je ne m’en sors pas, car je ne choisis jamais ou me force à choisir.La suite du Monde tel que décrit plus haut nous met dans une posture instable par rapport à nos préjugés. Les points les plus grossiers des idéologies sont débusqués, mais s'imposent comme la mode s'impose à nous, comme des choix à faire. Mais il y a aujourd'hui dans la teneur de nos choix quelque chose de nouveau, nous nous soucions aujourd'hui des préjugés au second degré. Bush, Chirac etc. Si je ne sais les percevoir au secon degré, si je les prends bruts, alors c'est trop fort, comme un vrai mannequin de haute couture. Ces Bush, Chirac existent bien entendu au premier degré, mais maintenant ce qui est nouveau c'est que le deuxième degré est ironique et en ce sens s'impose comme moyen de modifier les apparences.Alors quoi que va-t-il se passer maintenant ? Ce qui est certain c'est que nous devrons être prêts à remettre en cause certains de nos préjugés les plus fondamentaux parmi lesquels sans doute que Dieu doit revenir dans la partie en tant que conditions des apparences de religiosité avec lesquelles il faut désormais compter pour penser politiquement. Il s'agit dans ces domaines de jouer de beaucoup de finesse, mais aussi avoir beaucoup de coeur. Il reste maintenant juste à savoir si ces qualités sont au moins aussi bien partagées que le bon sens ne l'est . Et on peut penser que cette ironie aujourd'hui nécessaire, en est à son stade d'adolescence, mais peut-être après avoir déjà passé par son stade adulte. Il va sans doute falloir compter avec un conflit de générations et donc de politique, de mode, et de fil en aiguille en venir à se demander si le show doit s'arrêter ou si on peut le faire continuer en sauvegardant un minimum de libertés aux acteurs. Les préjugés aujourd'hui sont malheureusement tellement en danger qu'ils trouvent dans la mauvaise foi le moyen de subsister en tant qu'apparence de deuxième degré acceptable. Il s'agit aujourd'hui de réussir à trouver un terrain d'entente où nos mauvaises fois puissent se reconnaître non pas pour se dénoncer, mais pour se regarder en l'autre comme dans un miroir, rien qu'un instant. La finesse de ce regard, mène l'ironie à son enfance, un enfant Socrate qui nous questionne sur ce que l'on croit savoir ou sait croire.Révisons nos classiques peut-être y trouverons-nous substance à penser fraîchement...


Un lien en lien avec les problèmes abordés ci-dessus


Extrait de L'impérialisme, deuxième partie des Origines du totalitarisme de Hannah Arendt


par Martin Seller publié dans : Textes
Lundi 1 novembre 2004
La pratique c'est quand ça marche et tu ne sais pas pourquoi.

La théorie c'est quand tu sais comment ça marche, mais que ça ne marche pas.

Ici on a les deux, théorie et pratique : ça ne marche pas et on ne sait pas pourquoi...


Un lien en lien avec les problèmes abordés ci-dessus

Bertrand Russell, Problèmes de philosophie chapitres I et II


par Martin Seller publié dans : Textes
Lundi 1 novembre 2004
Qu'est-ce que jentends ? Le monde est ainsi et il ne peut aller mieux : il existera toujours racisme, intolérance, idiotie, massacres, génocides, etc.

Il est vrai que la crispation ambiante tend à poser les problèmes dans ces termes, il est vrai que l'histoire nous montre des peuples qui se déchirent qui se massacrent, qui se sous-estiment ou surestiment. Il est vrai qu'à chercher un con on en trouvera toujours un, il est vrai qu'une bouteille à moitié pleine est toujours également à moitié vide et que sans la maladie on ne saurait profiter de la santé. Mais avons-nous tout dit quand nous avons dit cela . Est-ce que des proverbes ou des maximes sont la seule forme de pensée possible . N'y a-t-il pas là une faiblesse qui se recherche une croyance, par ce qu'elle manque de volonté et que la stabilité (même du pire) lui est plus réconfortante que la dure et brûlante liberté.

« Savons-nous encore danser ? » demanderait peut-être le sage (ou l'ami de la sagesse ?)Il semblerait que peu de personnes qui ont actuellement la main, réussissent à impulser une ritournelle qui nous ferait lever le pied, qui nous forcerait à nous déséquilibrer, qui comme dans une improvisation, nous convaincrait que le prince en nous vaut mieux que le plus zélé serviteur de « la morale ».

Même parmi les enseignants, les oreilles sont bouchées : « la famille n'y arrive pas... l'état non plus, comment veut-tu que moi je fasse quelque chose ? ». A-t-on seulement oublié que nous avons un coeur, que la sincérité est mère de philosophie et que l'enfant (et tout le monde) perçoit clairement le coeur ou son manque même chez le plus habile des manipulateurs ? Ou bien a-t-on aussi perdu le bon sens qui semblait pourtant si bien partagé ? « On délire, le monde » dirait l'autre - oui on délire le monde tous ensemble - on le 'dé-lire' même peut-être. On ne le lit plus du tout, on le rend sacré. Sacré monde, n'y touche pas mon Dieu ! Lé délire poétique, le délire véritablement créatif, il nous semble mal approprié, « un peu dépassé », tout délire est accepté aujourd'hui dès lors qu'il est récréatif, la définition de ce dernier mot étant laissée aux « créatifs » ou au « public » rendu statistique ce qui est la même chose ? N'y a-t-il rien en cela que, nous ne sachions dépasser ?

N'ai-je plus droit qu'à ma première personne pour m'en sortir- me débarrasser de ce « nous » ? Dois-je penser : moi - famille - quartier - ville - pays - nation... - Civilisation ou moi - Musulman/Chrétiens/Juif/Africain/Américain/Toutsi/... - Ma morale - mon bon droit... ?Ne puis-je pas aussi penser : moi-toi-nous-Monde-peuple-région-coutumes...

Mais alors, n'est-ce pas le « ont » la personne du Monde, le particulier minimum. Moi je...je suis une singularité, une différence - je suis comme toi déchiré - entre toi et moi - entre le « nous » et le « on ». Le Nous ne doit pas précéder le on - jamais "Nous les ... on.." !Je parle moi du « on peut penser...», « qu'on se le dise... ». Je veux pas faire toute une théorie autour du « on », je veux juste dire qu'« on » est amené à vivre ensemble, et que personne ne sait en toute sincérité, pourquoi il est né là est pas ailleurs. Personne ne doit être le meilleur, car ceci implique toujours un idéal et des prétendants comme dirait l'autre. Non on est singulier et on veut nous ranger sous un concept, une espèce, un genre. Moi je veux bien, juste pour s'entendre - mais pas pour se convaincre de quelque chose qui « nous concernerait tous » : Tu dois être d'accord avec moi, une bouteille est toujours à moitié pleine quand elle est à moitié vide... Non une singularité c'est le contenu de la bouteille, son goût... c'est aussi la taille de la bouteille dans ce cas là. « Une bouteille d'eau » n'est jamais « cette bouteille et cette eau », il n'y a de prototype de la bouteille d'eau, que pour les extrémistes, ceux qui disent « Nous les buveurs de bouteille d'eau ». Des particuliers c'est des singuliers coincés sous un « nous ». Le "on » a besoin de marges - de « pourquoi pas un de plus ? On n’en est pas à la virgule près « ...

Les moutons sont ceux que leur liberté satisfait si elle leur confie un territoire, même temporaire. Je crois que le monde sera toujours à moitié plein ou vide, certes, mais surtout que c'est son contenu qui importe, et qu' un rien de sincérité et donc de véritable risque, suffit quotidiennement à le rendre plus riche et viable. Je n'attend pas de l'autre qu'il me comprenne, par ce qu'il pourrait me connaître, j'attends de l'autre qu'il utilise en moi ce qu'il ne pourra jamais comprendre, mais seulement accepter. Car c'est en l'autre (tout le monde devrait le savoir, mais le bon sens n'est décidément pas un bon entraîneur) que je peux trouver ce que je veux devenir, c'est à dire ce que je ne suis pas encore, ce que je hais peut-être, ce dont je suis capable. Nul ne sait ce dont il est capable. Mais tout le monde sait qu'il a des capacités comme on dit. Ces capacités frustrées s'appellent « l'individu », ces capacités libérées n'ont pas de nom, car ce sont des "devenirs-autre", qui passent par des individus en dialogue avec eux-mêmes ou avec d'autres, en émulation avec un individu ou un groupe, en confrontation avec un problème ou un agencement d'événements que seul le courage peut vaincre.

Il n'y a pas de plan qui serait bon pour tous. Faisons des plans qui sont déjà bons pour soi et donc pour l'autre qui a besoin de toi. Besoin pour délirer le monde en douceur, pour lire en toi les pages de son destin, pour faire du moins pire une banalité, et du vivant un devoir. Non pas une lutte pour la survie, mais un déploiement de la vie, ce qui dans la vie veut prendre une place à travers un style, et qui a besoin en ça d'être diversifié, multiple, à chaque fois singulier.

Le monde va déjà mieux...


Un lien en lien avec les questions abordées ci-dessus

par Martin Seller publié dans : Textes
Dimanche 31 octobre 2004
 

 

La réalité est une apparence plus trompeuse que l'apparence de l'art (Esthétique)


La réalité se présente à nos sens comme une évidence alors même que ce que nous voyons du réel est en fait interprétation, apparence, illusion. La science nous a montré que le réel n'est pas tel qu'il nous apparaît. L'art, en revanche, a une vérité, car s'il est illusion, il s'agit d'une illusion qui se reconnaît comme telle et qui donc ne nous trompe pas. Le romancier annonce la couleur : c'est un roman et non un documentaire. Voir le tableau de Magritte représentant une image de pipe sous laquelle est écrit : "ceci n'est pas une pipe".

Notes: Ici il y a un lien à faire avec cette réflexion portant sur les dialogues concernant la nature de la relation, qui lorsqu'ils sont effectués entraînent le fait d'avoir une relation. Mieux, le constat qu'il est toujours difficile sinon impossible de parler de ce qu'il est justement en train de se passer lors d'un dialogue ou même d'une énonciation. En effet, On pourrait essayer d'analyser la chose de la façon suivante en nous référant à l'analyse proposée plus haut de la citation de Hegel: Le dialogue ou l'énonciation ne parviennent pas en général à se reconnaître comme une sorte d'illusion. Autrement dit, le sens d'une énonciation ou d'un dialogue ayant souvent la prétention de se présenter comme quelque chose d'évident (puisqu'il est sensé être exposé par les parties mêmes du dialogue) ne se retrouverait en fait dans son entièreté que lorsqu'il contiendrait, ou ferait mention d'un point de vue qui pourrait être porté sur lui par un observateur extérieur (ou tenir compte d'une façon sui generis du point de vue de mon interlocuteur en tant qu'interlocuteur de ce sujet précis). Exemple: Je suis en train de mener une réflexion sur le sens du dialogue. Mais je sais qu'il faudrait aussi que je réfléchisse à ce fait que je sois en train de mener cette réflexion (être devant mon ordinateur un dimanche matin, en pyjama à me démêler avec des conceptions peu claires dans un but peu clair également). Si cet exemple est peu probant, il indique toutefois ce à quoi j'essaye de faire référence, c'est à dire au contexte dans lequel une énonciation se produit et qui n'est en général, me semble-t-il, pas énonciable en même temps au sein de cette énonciation ou comme corrélat évident de cette énonciation. Ce qui me trouble c'est toutefois que dans certaines circonstances un retour sur l'énonciation se fait tout de même, mais pas de façon explicite, mais de façon sensible. Par exemple justement lorsque je discute avec un ami sur la nature de l'amitié ou lorsque je discute avec une femme de la nature de la relation d'un homme et d'une femme, ou encore lorsque je discute avec quelqu'un du sens de notre discussion. Il semble que ce qui est beau dans un dialogue amoureux, c'est que les dialoguants ne sont plus les sujets du dialogue mais les objets. Autrement dit, il y a qulquechose d'artistique dans un dialogue amoureux dans la mesure ou les protagonistes ont conscience que le dialogue n'est qu'un prétexte à les mettre dans une situation qui leur permet de parler d'eux en se moment sans l'évoquer directement. Il est peut-être parfois possible de faire apparaître ce sentiment de façon volontaire, justemement en évoquant ce qu'il est en train de se produire pendant qu'un dialogue se fait. L'interlocuteur comprend à ce moment qu'il a été fait abstraction d'une sorte de pudeur du dialogue, d'une sorte de tabou et que son vis à vis prétend parler encore d'autre chose que de ce qu'il pense, c'est à dire de lui même énonçant ce qu'il pense dans un contexte ou il est amené justement à dire ce qu'il pense. Dans ces situations que l'on sent pouvoir devenir infiniment compliquées "en puissance" quelque chose essaye de se clarifier, quelque chose essaye de se montrer en tant qu'illusion sur le sens de ce qui se passe. Quelque chose veut se mettre à nu, mais n'y parvient que partiellement même si l'intention devient sensible et c'est ce qui est important. C'est la sincérité qui essaye de se faire complète, mais qui se manque nécessairement, mais profite de cet essai pour parler de quelque chose de plus . C'est, si on se réfère à ce qui est dit plus haut, une forme d'art.

L'art n'a d'autre objet que d'écarter (...) tout ce qui nous masque la réalité, pour nous mettre face à la réalité même. (Bergson, Le rire)
L'art, loin d'imiter la nature, en est plutôt le dévoilement. Ordinairement nous ne voyons pas les choses elles-mêmes, mais ce à quoi elles servent. L'utilité, mais aussi les conventions du langage (liées à l'utilité pour Bergson) nous masquent le réel. Les artistes nous mettent face au réel, car quand ils regardent une chose, ils la voient pour elle et non plus pour eux c'est-à-dire, justement sans tenir compte de son utilité.


Un lien en lien avec les questions abordées ci-dessus


Le fameux poème de parménide.
Le fameux poème de parménide.

par Martin Seller publié dans : Textes
Samedi 30 octobre 2004
Voilà, une trace pend sur la toile, l'oeil attendri la regarde et corromp sa vision par un doux sentiment...
par Martin Seller publié dans : Textes
 

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