UNE JOURNEE DE MERDE ? / Epictète, Pensées et Entretients

Publié le par Martin Seller

Une journée de merde ?

"La vie c'est une tartine de merde dont il faut manger un morceau tous les jours..." Voilà un proverbe amusant n'est-ce pas ? Mais quelle réalité est-il sensé refléter. Est-ce ces petits et grands malheurs qui égrainent notre quotidien et contre lesquels on ne peut rien ? Est-il toujours possible de changer ses idées plutôt que le monde ? Sans doute cette maxime stoïcienne est-elle très belle et tentante, mais malheureusement, sauf à être déjà un sage, il n'est pas possible je crois de supporter une rage de dents même en essayant de changer ses idées.Mais alors, sommes-nous obligés de souffrir ? Il me semble que la réponse ne peut-être que oui. Néanmoins, Hobbes dans "De la délicatesse de goût et de passion" (voir l'article "le sexe dans toutes les langues") nous conseille-t-il de cultiver notre goût plutôt que notre passion. Autrement dit, il nous invite à nous former tout au long de la vie à apprécier les beautés car

"rien n’améliore autant le tempérament que l’étude des beautés, que ce soit de poésie, d’éloquence, de musique ou de peinture. Elles donnent une certaine élégance de sentiment à laquelle le reste de l’humanité demeure étranger. Les émotions qu’elles excitent sont douces et tendres. Elles détournent l’esprit de la précipitation des affaires et de l’intérêt, elles cultivent la réflexion, disposent à la tranquillité et produisent une agréable mélancolie qui, de toutes les dispositions de l’esprit, est la mieux appropriée à l’amour et à l’amitié."

Difficile, me direz-vous... et surtout inutile... Car les souffrances quotidiennes sont bien plus fortes que les plaisirs liés au goût... En effet Hume reconnaît que tout n'est pas si tranché :

"Mais peut-être suis-je allé trop loin en disant qu’un goût cultivé pour les arts raffinés éteint les passions et nous rend indifférents aux objets que le reste de l’humanité poursuit avec tant d’amour. Après plus ample réflexion, je trouve que cela augmente plutôt notre sensibilité pour toutes les passions tendres et agréables, en même temps que cela rend l’esprit incapable des émotions plus grossières et plus tumultueuses."

Finalement, face à la tartine de merde, il ne nous reste plus qu'à apprécier sa couleur, peut-être même son avant-gardisme, et peut-être ainsi son goût n'en deviendra que plus supportable.

M.S


Quelques textes d'Epictète (un fameux stoïcien) ici :

Pensées et Entretiens d'Epictète

Publié dans Textes

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Consultation voyance gratuite 11/05/2016 14:50

Coucou, votre blog est trop magnifique ! Je viens tous les jours et cela me plait beaucoup!!! Merci et bonne continuation !

PhotoFarfouille 17/11/2004 13:30

Beurk, chuis pas allée pu loin qu'la première phrase, imaginer mon Nutella remplacé par ... cette chose ... beurk je me sauve !