Notes:
Touriste, suis-je encore un touriste?
Une terrasse dont le sol pourtant surélevé continue le motif de la place - je me mets à l'écart pour observer et écrire. Une enfant de cinq ans vient et me tend la main, mais je la lui refuse avant de décider en quelque sorte l'impliquer dans mon récit et céder à la maigre ouverture qu'elle me propose. Un Dhiram qui dans la paume de sa mère ou de sa tante deviendra demain vitamine pour son corps ou après demain "pudeur" pour son visage.
Suis-je encore touriste ou le resterais-je à tout jamais?
Qu'ai-je de commun avec ces "Peaux-Rouges", ces débardeurs en décolleté, ces Nikon de pacotille? Des cornes de gazelle me poussent sous le front; je souhaiterai pouvoir embrocher cette langue comme on transperce la mauvaise foi du regard. Mais mes yeux sont trop plein de cette rigueur morale, de cette sincérité déplacée qui oublie jusqu'à son propre jeu d'amour.
Le soleil se couche et j'attend avec impatience la prière du Maghreb, l'appel tonitruant du muezzin et le flot continu de ces hommes (et femmes) qui savent pour un moment maîtriser le sens de leurs efforts.
Je décroche maintenant mes lunettes, car ma lumière doit accepter la leur, non pas que certains d'entre eux ne s'efforcent de paraître plutôt que d'être, mais parce que moi je me sais les utiliser pour de moins bonnes raisons.
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Deux jours plus tard, me revoilà coincé sur cette même terrasse, même chaise, mais cette fois-ci côtoyé par l'accent anglais d'un couple dont le dialogue semble encré dans la plus pure tradition superficielle. M'y reconnais-je? Clairement non. Ce qui me paraît essentiel néanmoins, c'est que je me situe par eux comme étant la limite de la sphère qu'ils incarnent; leur périphérie, leur banlieue. Voilà, je suis une sorte de zone tampon, une essence pour laquelle ce pays n'a pas encore prévu de place.
Cette tension marque mon front et il me faut maintenant souffler, n'être qu'un instant un pur pneuma et ouvrir mes pores aux courants d'air et de sons de cette place du néant.
M.S.
Un lien sans lien évident avec les questions évoquées ci-dessus
| Ibn Arabî, Le dévoilement des effets du voyage |
Commentaires
Le reste renvoie à quelques singularités de l'auteur que l'on peut seulement deviner.
D'autres articles viendront aussitôt que je pourrais les recevoir dignement.
Merci pour vos encouragements.
Mais si, tu l'es, tu es un vrai touriste
Peut-être pour des raisons moins tristes
Un environnement un peu plus spiritualiste
Néanmoins, aucun différence ne subsiste
Il n'y a que les apparences qui te séparent
De ces voyageurs anglais au teint blafard
Ils viennent chercher des souvenirs superficiels
Tu vient humer des ambiances supposées par toi spirituelles
Quel que soit l'endroit du monde rien ne varie
Identique à toute heure en tout lieu la nature de l'esprit
Tu es dans la recherche intérieure
Pourquoi chercher des ressentis extérieurs
Ta place est toujours là où tu Le ressens
A errer au lointain tu repousses le moment
Il n'y a pas plus d'esprit en orient
C'est plutôt l'exotisme qui est présent
Car le Maroc, c'est le soleil couchant
Quant à l'esprit et son lieu
C'est entre les gens qu'on le trouve le mieux
L'exotisme n'est point non plus mon lieu d'arrivée
C'est une flèche d'amour qui s'est en moi imiscée
Pour bien comprendre il faudrait savoir
Mais ceci je ne vous le donnerai pas à voir.
Merci tout de même pour ces vers qui malgré quelques travers, m'ont touché à l'extrême...
http://feqrqqqffsfaq.host.com
desk3
[url=http://feqsqqqffsfaq.host.com]desk4[/url]
[link=http://feqaqqqffsfaq.host.com]desk6[/link]
Merci pour ces lignes d'une verdeur sans pareil ! C'est toujours un plaisir enivrant que de boire à la coupe d'un puissant et d'apprendre.
Pour ma part, avec 14 auteurs de pays différents nous sommes " l'auteur " de:
" La rose blanche et l'olivier "
sur:
http://yadiam.over-blog.com/
Nous y parlons de Paix, d'Amour, de Philosophie, mais aussi de Voyages, de Sciences, de Kabbala, de Soufisme... bref, de toutes les ficelles et cordes que la Poésie nous offre.
PS: n'hésitez pas à laisser un commentaire: nous vous répondrons.
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