préjugés - politique - liberté / Hannah Arendt, L'impérialisme, deuxième partie des Origines du totalitarisme, Extraits

Publié le par Martin Seller

11 Septembre - Afganistan - France - Irak - Contitution Européenne - Bush - ArafatQuelle va être la suite ? Pourquoi se crispe-t-on autour de la religion ? Et surtout, qu'il y a-t-'il de vraiment nouveau aujourd'hui ? On dit qu'il y a toujours du nouveau dans de l'ancien, et toujours beaucoup d'ancien dans ce que l'on prend pour du nouveau... De quoi pourrait-il bien sagir? Un exemple, le boulevard St-germain, autrefois connu pour ces caves à Jazz, ces librairies est aujourd'hui un défilé de vitrines consacrées à la couture et à la mode... Faut-il pleurer, ou y chercher le signe de quelque chose, y'a-t-il du nouveau là-dedans ? Il est assez intéressant de constater que ce qui semble être lié à la culture aujourd'hui passe davantage par l'mage, le point de vue, l'habillage, ou le déshabillage. Un mannequin en plastique porte des vêtements magnifiques et trouble mes sens... Le fait que ce soit un mannequin m'importe peu, ce qui s'en dégage, son style, sa silhouette, tout cela est affectif, et exprime non pas seulement ce qu'on appelle la mode, mais aussi avec lui le temps lui-même qui décline les mouvements de mode. Ce n'est pas le temps comme condition du mouvement, ni le temps physique c'est le temps en tant que modification des apparences, autrement dit, le temps qui questionne nos préjugés, c'est le temps politique d'une certaine façon, mais aussi et surtout le temps de la liberté. Je me tiens aujourd'hui face au Monde, comme face à une vitrine de boutique, je veux faire des bonnes affaires, mais en même temps prendre garde à la qualité, je désapprouve ou approuve certaines apparences, certains styles, et je dois trouver dans cette rue un pantalon ou une paire de chaussures à ma taille et qui correspondent à mon style. Mais ça ce sont aléas. L'invariant c'est le le fait d'avoir à choisir, mais choisir sans préjugés. Qu'est ce que celà veut dire par rapport au Monde. Est-ce possible d'avoir le regard ou l'oreille qui ne dépende pas des apparences, une oreille absolue un regard qui traverse ? Impossible comme pour les vêtements de choisir sans préjugés, car les préjugés c'est l'ancien qui permet (au sens de conditionne) le nouveau, le choix, l'action, l'événement. Je ne peux voter sans préjugés, je vote parce que j'ai des préjugés, c'est pour cela que l'on me fait voter, c'est pour cela que beaucoup ne votent pas.Mais je dois choisir l'apparence que je préfère, alors que ce qui m'intéresse, c'est pas ça, c'est dans le cas du monde que les apparences soient équilibrées avec ma capacité de vouloir. Toutefois, pour réaliser le choix il faut, mettre en jeu les apparences, c'est à dire mettre en danger certains préjugés. Faire, choisir, tout cela nécessite que je préjuge de quelque chose, sinon je ne m’en sors pas, car je ne choisis jamais ou me force à choisir.La suite du Monde tel que décrit plus haut nous met dans une posture instable par rapport à nos préjugés. Les points les plus grossiers des idéologies sont débusqués, mais s'imposent comme la mode s'impose à nous, comme des choix à faire. Mais il y a aujourd'hui dans la teneur de nos choix quelque chose de nouveau, nous nous soucions aujourd'hui des préjugés au second degré. Bush, Chirac etc. Si je ne sais les percevoir au secon degré, si je les prends bruts, alors c'est trop fort, comme un vrai mannequin de haute couture. Ces Bush, Chirac existent bien entendu au premier degré, mais maintenant ce qui est nouveau c'est que le deuxième degré est ironique et en ce sens s'impose comme moyen de modifier les apparences.Alors quoi que va-t-il se passer maintenant ? Ce qui est certain c'est que nous devrons être prêts à remettre en cause certains de nos préjugés les plus fondamentaux parmi lesquels sans doute que Dieu doit revenir dans la partie en tant que conditions des apparences de religiosité avec lesquelles il faut désormais compter pour penser politiquement. Il s'agit dans ces domaines de jouer de beaucoup de finesse, mais aussi avoir beaucoup de coeur. Il reste maintenant juste à savoir si ces qualités sont au moins aussi bien partagées que le bon sens ne l'est . Et on peut penser que cette ironie aujourd'hui nécessaire, en est à son stade d'adolescence, mais peut-être après avoir déjà passé par son stade adulte. Il va sans doute falloir compter avec un conflit de générations et donc de politique, de mode, et de fil en aiguille en venir à se demander si le show doit s'arrêter ou si on peut le faire continuer en sauvegardant un minimum de libertés aux acteurs. Les préjugés aujourd'hui sont malheureusement tellement en danger qu'ils trouvent dans la mauvaise foi le moyen de subsister en tant qu'apparence de deuxième degré acceptable. Il s'agit aujourd'hui de réussir à trouver un terrain d'entente où nos mauvaises fois puissent se reconnaître non pas pour se dénoncer, mais pour se regarder en l'autre comme dans un miroir, rien qu'un instant. La finesse de ce regard, mène l'ironie à son enfance, un enfant Socrate qui nous questionne sur ce que l'on croit savoir ou sait croire.Révisons nos classiques peut-être y trouverons-nous substance à penser fraîchement...


Un lien en lien avec les problèmes abordés ci-dessus


Extrait de L'impérialisme, deuxième partie des Origines du totalitarisme de Hannah Arendt


Publié dans Textes

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Michel J. Cuny 29/04/2013 16:50

Bonjour,
L’intérêt que vous portez à Hannah Arendt me détermine à vous indiquer l’étonnement qui a été le mien à lire, avec la plus grande attention, « Les origines du totalitarisme ». Vous en trouverez la
marque dans :
http://crimesdestaline.canalblog.com
Votre intitulé "préjugés" me conduit, par ailleurs, à y ajouter :
http://voltairelorauprixdusang.hautetfort.com
Très cordialement à vous,
Michel J. Cuny