Comment savoir si l'on peut toujours "changer" quelque chose chez quelqu'un ? On sait, dit-on qu'un groupe, ou un individu peut exercer une influence majeure sur une personne de telle sorte que celle-ci fasse ou croie des choses que le groupe ou l'individu souhaitait qu'elle fasse ou croie. Mais qui n'a pas une fois constaté qu'il ne voyait pas quelle méthode utiliser pour modifier l'attitude d'un proche par exemple ? Souvent, ce sont les conditions du changement sur lesquelles pèsent des tabous, qui entravent l'action qui mènerait à induire un changement souhaitable. Toutefois, qui nous interdit de soupçonner qu'il est peut-être impossible de pouvoir changer un individu en toutes conditions ? N'avons-nous pas de bonnes raisons de croire qu'il en est ainsi si nous avons à l'esprit que la liberté consiste justement à refuser même l'évidence (même si ceci s'apparente à un esclavage consenti). Quelles sont les conséquences d'un tel point de vue sur les relations de sociabilité, surtout en ce qui concerne les celles comprenant des déterminations de respect ? Dois-je publiquement remettre en question l'attitude d'un père qui par ses paroles peut blesser d'autres proches même si je sais que son attitude provient de blessures encore ouvertes ? Est-ce que sa liberté au sens précis défini ci-dessus a une conséquence sur la "moralité " de mon action ou en a-t-elle une seulement sur les conséquences possibles de mon action ?
L'opinion courante (si il y en a une) estime sans doute qu'en raison du mal produit par le proche, il est nécessaire de lui opposer sa propre liberté en lui signalant dans un langage explicite et public que son attitude profiterait à être changée (librement). La liberté du proche consiste ici à choisir si oui ou non il projette d'accepter la légitimité du reproche fait et des actions qui en découlent. Mais une autre forme d'action est possible : il peut être rendu manifeste au proche que son attitude pourrait être changée, ceci en le menant à se faire le reproche lui-même, sans qu'il soit besoin de le signaler explicitement. En effet une autre forme de liberté consiste à concevoir la conscience de l'autre comme entière et ainsi de le laisser choisir de poursuivre oui non son attitude, ceci en lui rendant manifeste ma propre liberté de ne pas changer mon attitude malgré les circonstances. Les symptômes d'une telle attitude sont le calme, la concentration et l'ironie. Elle se distingue de l'action précédente en ceci qu'elle ne préjuge pas de la question de savoir si le proche dont l'attitude offense est libre ou non de changer et ainsi s'avère plus générale... Quant à savoir si il est possible de changer en soi des choses qui blessent d'autres personnes, il faut d'abord se demander si nous sommes esclaves de cette chose en raison de sa relation étroite (logique) avec les conditions d'application de notre liberté ou si cette chose nous est plus peréférique. Ceci se tranche en rapporta vec le degré de croyance en notre propre liberté. Pour ma part, je ressens fortement le potentiel de ma liberté et la résistance de mes soumissions. Ainsi, je préfère la seconde forme d'action qui n'oblige pas à explicitement reprocher à un proche son attitude. Car être libre c'est aussi de n'être pas obligé de...
Regardez attentivements pendant 20 secondes les 2 points noirs au centre de l'image, puis clignez des yeux maintes et maintes fois en regardant un mur de préférence blanc, vous découvrirez alors votre Blogger apprenti philosophe..
La réalité est une apparence plus trompeuse que l'apparence de l'art (Esthétique)
La réalité se présente à nos sens comme une évidence alors même que ce que nous voyons du réel est en fait interprétation, apparence, illusion. La science nous a montré que le réel n'est pas tel qu'il nous apparaît. L'art, en revanche, a une vérité, car s'il est illusion, il s'agit d'une illusion qui se reconnaît comme telle et qui donc ne nous trompe pas. Le romancier annonce la couleur : c'est un roman et non un documentaire. Voir le tableau de Magritte représentant une image de pipe sous laquelle est écrit : "ceci n'est pas une pipe".
Notes: Ici il y a un lien à faire avec cette réflexion portant sur les dialogues concernant la nature de la relation, qui lorsqu'ils sont effectués entraînent le fait d'avoir une relation. Mieux, le constat qu'il est toujours difficile sinon impossible de parler de ce qu'il est justement en train de se passer lors d'un dialogue ou même d'une énonciation. En effet, On pourrait essayer d'analyser la chose de la façon suivante en nous référant à l'analyse proposée plus haut de la citation de Hegel: Le dialogue ou l'énonciation ne parviennent pas en général à se reconnaître comme une sorte d'illusion. Autrement dit, le sens d'une énonciation ou d'un dialogue ayant souvent la prétention de se présenter comme quelque chose d'évident (puisqu'il est sensé être exposé par les parties mêmes du dialogue) ne se retrouverait en fait dans son entièreté que lorsqu'il contiendrait, ou ferait mention d'un point de vue qui pourrait être porté sur lui par un observateur extérieur (ou tenir compte d'une façon sui generis du point de vue de mon interlocuteur en tant qu'interlocuteur de ce sujet précis). Exemple: Je suis en train de mener une réflexion sur le sens du dialogue. Mais je sais qu'il faudrait aussi que je réfléchisse à ce fait que je sois en train de mener cette réflexion (être devant mon ordinateur un dimanche matin, en pyjama à me démêler avec des conceptions peu claires dans un but peu clair également). Si cet exemple est peu probant, il indique toutefois ce à quoi j'essaye de faire référence, c'est à dire au contexte dans lequel une énonciation se produit et qui n'est en général, me semble-t-il, pas énonciable en même temps au sein de cette énonciation ou comme corrélat évident de cette énonciation. Ce qui me trouble c'est toutefois que dans certaines circonstances un retour sur l'énonciation se fait tout de même, mais pas de façon explicite, mais de façon sensible. Par exemple justement lorsque je discute avec un ami sur la nature de l'amitié ou lorsque je discute avec une femme de la nature de la relation d'un homme et d'une femme, ou encore lorsque je discute avec quelqu'un du sens de notre discussion. Il semble que ce qui est beau dans un dialogue amoureux, c'est que les dialoguants ne sont plus les sujets du dialogue mais les objets. Autrement dit, il y a qulquechose d'artistique dans un dialogue amoureux dans la mesure ou les protagonistes ont conscience que le dialogue n'est qu'un prétexte à les mettre dans une situation qui leur permet de parler d'eux en se moment sans l'évoquer directement. Il est peut-être parfois possible de faire apparaître ce sentiment de façon volontaire, justemement en évoquant ce qu'il est en train de se produire pendant qu'un dialogue se fait. L'interlocuteur comprend à ce moment qu'il a été fait abstraction d'une sorte de pudeur du dialogue, d'une sorte de tabou et que son vis à vis prétend parler encore d'autre chose que de ce qu'il pense, c'est à dire de lui même énonçant ce qu'il pense dans un contexte ou il est amené justement à dire ce qu'il pense. Dans ces situations que l'on sent pouvoir devenir infiniment compliquées "en puissance" quelque chose essaye de se clarifier, quelque chose essaye de se montrer en tant qu'illusion sur le sens de ce qui se passe. Quelque chose veut se mettre à nu, mais n'y parvient que partiellement même si l'intention devient sensible et c'est ce qui est important. C'est la sincérité qui essaye de se faire complète, mais qui se manque nécessairement, mais profite de cet essai pour parler de quelque chose de plus . C'est, si on se réfère à ce qui est dit plus haut, une forme d'art.
L'art n'a d'autre objet que d'écarter (...) tout ce qui nous masque la réalité, pour nous mettre face à la réalité même. (Bergson, Le rire)
L'art, loin d'imiter la nature, en est plutôt le dévoilement. Ordinairement nous ne voyons pas les choses elles-mêmes, mais ce à quoi elles servent. L'utilité, mais aussi les conventions du langage (liées à l'utilité pour Bergson) nous masquent le réel. Les artistes nous mettent face au réel, car quand ils regardent une chose, ils la voient pour elle et non plus pour eux c'est-à-dire, justement sans tenir compte de son utilité.
Commentaires